Clinique Vétérinaire Douville inc. 5975 boul. Laurier ouest, Saint-Hyacinthe (QC), J2S 3W1 | (450) 774-1900

L'ostéoarthrose chez les animaux de compagnie

L’OSTÉOARTHROSE EN BREF :

  • Causes/facteurs de risque :
    • Défauts  héréditaires/congénitaux
    • Âge
    • Traumatismes
    • Obésité
    • Signes cliniques :
      • Boiterie/raideur
      • Hésitation à monter/sauter
      • Abattement/isolement
      • Irritabilité
      • Diagnostic :
        • Examen orthopédique
        • Radiographies (sous sédation)

 

  • Traitement :
    • Contrôle du poids
    • Activité physique modérée à faible impact
    • Glucosamine/chondroïtine
    • Anti-inflammatoires non-stéroïdiens (ATTENTION : PRODUITS VÉTÉRINAIRES SEULEMENT, ÉVITER LES PRODUITS POUR HUMAINS!)
    • Cartrophen injectable
    • Laser thérapeutique
    • Physiothérapie
    • Médecines alternatives (ostéopathie, acupuncture)

 

 

 

PRÉSENTATION :

L’ostéoarthrose se définit comme étant la détérioration progressive et irréversible du cartilage articulaire.  Il s’agit d’une maladie très commune affectant surtout les animaux d’âge moyen à avancé, mais parfois les jeunes animaux aussi.

CAUSES ET FACTEURS DE RISQUE:

Plusieurs facteurs sont en cause dans le développement de l’ostéoarthrose (OA).   D’abord, il existe une usure naturelle du cartilage avec l’âge.  Puis, plusieurs défauts héréditaires ou congénitaux, telles que la dysplasie de la hanche et la dysplasie du coude chez les chiens de grandes races, contribuent fréquemment au développement de l’OA.  Certaines races, comme le Bouvier Bernois, le Labrador et le Golden Retriever, sont plus à risque que d’autres.  Chez les chiens de petites races, ce sont les problèmes de luxation de rotules qui prédominent.

Un trauma ou une instabilité dans l’articulation peut aussi abîmer le cartilage articulaire et accélérer le processus de dégénération articulaire.  Par exemple, la rupture traumatique d’un ligament croisé crânial entraîne une instabilité dans l’articulation du genou qui provoquera nécessairement des dommages importants au cartilage articulaire.

L’obésité contribue très fréquemment à l’exacerbation de l’ostéoarthrose chez nos patients en augmentant, entre autres, le stress mécanique sur les articulations.  De plus, des études récentes ont démontré que le gras agit comme un organe d’inflammation qui peut être la source de problèmes arthritiques divers.

 

SIGNES CLINIQUES :

Chez le chien, les principaux symptômes sont de la raideur ou une boiterie après un exercice intense ou un repos prolongé.  Parfois, l’ostéoarthrose peut se traduire par une simple hésitation à monter et descendre les escaliers, sauter ou même marcher.  Il peut aussi être plus difficile pour votre animal de se lever, se coucher ou s’asseoir.   Dans certains cas, votre animal peut gémir, grogner ou même mordre lorsqu’on touche la région douloureuse.

Chez le chat, même si la raideur et la boiterie sont des symptômes possibles, les signes cliniques de l’ostéoathrose sont souvent plus subtils.  Votre chat pourrait s’isoler, cesser de jouer, hésiter à sauter ou devenir moins agile dans ses sauts ou déplacements.  Certains chats cessent d’utiliser leur(s) bac(s) à litière parce que c’est douloureux pour eux de monter dans le bac et/ou s’accroupir pour faire leurs besoins.  Ils associent donc la douleur au bac et refusent d’y entrer.

 

DIAGNOSTIC :

L’examen physique et orthopédique de votre animal par votre vétérinaire est la première étape vers le diagnostic de l’ostéoarthrose.  Par contre, il peut être nécessaire de confirmer ou déterminer la sévérité des dommages articulaires à l’aide de radiographies.  Pour se faire, une sédation (tranquilisation) peut être essentielle pour permettre de bien positionner l’animal sans douleur lors de la prise de radiographies.  Puisque l’ostéoarthrose est un problème plus fréquent chez les animaux âgés, il est souvent recommandé de faire un bilan sanguin pré-opératoire ou complet pour vérifier les organes ciblés par les drogues anesthésiques avant d’effectuer une sédation sur votre animal.  Le bilan sanguin est aussi recommandé si votre animal a besoin de traitements anti-inflammatoires à moyen ou long terme, puisque ces médicaments peuvent exacerber les dommages aux reins et au foie lorsque ces organes sont déjà compromis (ex : début d’insuffisance rénale chronique sans signes cliniques associés, etc.)

 

TRAITEMENTS :

Pour plusieurs des problèmes de conformation qui peuvent être à l’origine du développement de l’ostéoarthrose, en particulier chez le chien, un traitement chirurgical est idéal (ex : luxation de rotules, dysplasie de la hanche, etc.).  Par contre, ces traitements sont disponibles en centre de référence seulement et sont très dispendieux.

Si une chirurgie n’est pas possible, il nous faut prévenir et contrôler l’ostéoarthrose, dans la mesure du possible, par un traitement médical.  L’approche médicale de l’ostéoarthrose se dit multimodale, c’est-à-dire que plusieurs méthodes et traitements sont combinés afin de ralentir au maximum le développement des dommages articulaires.

Voici les méthodes disponibles pour le traitement médical de l’arthrose :

 

1) FAIRE MAIGRIR.

Une des facettes les plus importantes du traitement de l’arthrose est l’obtention et le maintien d’un poids santé. Vous ne savez pas si votre compagnon a un surplus de poids?  Vous pouvez consulter votre vétérinaire ou vous référer aux diagrammes ci-dessous.   Un animal à son poids santé aura les côtes palpables avec peu de gras, une silhouette fine derrière les côtes vu du haut et un abdomen rentré vu de côté.

 

 

(voir l'image des animaux selon leurs poids)

Tous droits de ces images réservés à HILL’S NUTRITION.

 

Si votre compagnon a un surplus de poids et souffre d’ostéoarthrose, le poids excessif aggrave les dommages articulaires en augmentant le stress mécanique sur les articulations.  Chez l’humain, l’obésité participe au développement de l’ostéoarthrose, mais aussi à la progression de celle-ci.  De plus, de récentes études ont démontré que le gras peut agir biologiquement comme organe d’inflammation et être responsable du développement de l’inflammation articulaire entre autres.

La meilleure façon de faire maigrir votre animal est d’augmenter son niveau d’exercice (exercice contrôlé, voir ci-bas) et de diminuer son apport énergétique (calories).  Pour se faire, il faut choisir une diète faible en énergie mais bien balancée au niveau des nutriments, nourrir par repas contrôlés (quantité calculée en fonction de la diète et des besoins énergétiques de l’animal) et augmenter l’activité motrice de l’animal.  Quelques diètes vétérinaires sont disponibles et très efficaces pour la perte de poids.  Par exemple, chez le chien, la diète que nous utilisons le plus fréquemment est la nourriture R/d (Restrictive Diet) de Hill’s Prescription Diet.  Avec cette nourriture, il est possible de restreindre les calories ingérées par votre compagnon sans pour autant l’affamer, car la haute teneur en fibres permet d’obtenir une sensation de satiété.  Votre vétérinaire pourra calculer les besoins de votre animal en fonction du poids visé (poids santé) et vous indiquer la quantité de nourriture à donner quotidiennement.  Un suivi du poids (pesée) est recommandé aux 3-4 semaines pour vérifier la perte de poids de votre compagnon.

 

2) ACTIVITÉ PHYSIQUE MODÉRÉE (FAIBLE IMPACT)

L’activité physique, chez le chien comme chez l’homme, est une des facettes importantes du traitement de l’ostéoarthrose, tant que cette activité ne cause pas de stress excessif sur les articulations.  L’activité physique aide à améliorer la flexibilité, maintenir le poids santé ou l’atteindre et augmenter la masse musculaire.  Une musculature bien développée aide à réduire le stress sur le cartilage et les ligaments.

La marche en laisse et la nage sont les activités recommandées chez les animaux souffrant d’ostéoarthrose, car ce sont des activités à faible impact.  La marche sur des surfaces irrégulières telles que le sable, la neige ou les herbes hautes permet d’augmenter l’utilisation de plusieurs groupes de muscles principaux et secondaires.  Si possible, il est recommandé de faire deux à trois sessions d’activités physiques par jour séparées de périodes de repos plutôt qu’une seule longue session.  Ceci permet de diminuer le stress sur les articulations et les ligaments provoqué par la fatigue musculaire.

 

3) GLUCOSAMINE/SULFATE DE CHONDROÏTINE

La glucosamine et le sulfate de chondroïtine sont molécules dites chondroprotectrices, c’est-à-dire qu’elles protègent l’articulation à long-terme et ralentissent la progression de l’ostéoarthrose sur de longues périodes.   L’efficacité de ces suppléments est variable chez les animaux souffrant d’ostéoarthrose, mais leur utilisation demeure justifiée car la plupart y réagiront favorablement. De plus,  tous les aspects thérapeutiques doivent être envisagés pour cette condition, trop fréquemment rencontrée et  diminuant la qualité de vie de nos fidèles compagnons. De plus, l’efficacité de la glucosamine semble supérieure lorsque le traitement est commencé lorsque l’ostéoarthrose est légère à modérée (c’est-à-dire au début du processus) par rapport à lorsque l’OA est avancée.  C’est pourquoi il est recommandé de débuter l’administration de glucosamine tôt dans la progression de l’OA.

Il faut être vigilant lors du choix du produit, car aucune étude n’a été faite sur plusieurs produits disponibles sur tablette.  À cause d’un manque de régulation, certaines marques de glucosamine ne respectent pas la concentration sur l’étiquette (ex : chaque comprimé d’une certaine marque pourrait contenir 200 mg de glucosamine alors qu’on s’attend à 500 mg par comprimé tel qu’étiqueté).

Les produits vétérinaires sont donc recommandés pour plusieurs raisons :

-          Ils respectent l’étiquette.

-          Leur efficacité a été prouvée par des études cliniques sur des chiens.

-          Ils sont plus faciles à administrer à cause de leur haute palatabilité.

Vous pouvez vous informer auprès de votre vétérinaire pour connaître les différentes marques de glucosamine/chondroïtine disponibles en clinique.

 

4) ANTI-INFLAMMATOIRES NON-STÉROÏDIENS (PRODUITS VÉTÉRINAIRES SEULEMENT)

ET AUTRES ANALGÉSIQUES

Les anti-inflammatoires sont souvent prescrits par votre vétérinaire lorsqu’il y a signes d’inconfort ou de boiterie secondaire à l’ostéoarthrose.  Ceux-ci permettent de diminuer l’inflammation et, par le fait même, la douleur engendrée par les dommages cartilagineux.  Il est PRIMORDIAL d’utiliser des PRODUITS VÉTÉRINAIRES, car les anti-inflammatoires couramment utilisés en médecine humaine (ex : Advil, Tylenol…) ne sont pas métabolisés de la même façon chez les animaux et ont donc des effets toxiques potentiels au niveau du foie et des reins, surtout.  D’ailleurs, même 1/10 de comprimé de Tylenol 500mg, administré à un chat pourrait être suffisant pour causer sa mort.

Les anti-inflammatoires vétérinaires sont généralement disponibles sous forme de comprimés à croquer ou de liquide et sont faciles d’administration.  Par contre, ils ne sont malheureusement pas sans effets secondaires.  De par leur action, ils peuvent provoquer des désordres gastrointestinaux (ulcérations, vomissements, diarrhée) ou aggraver des problèmes rénaux ou hépatiques (foie) s’ils sont déjà présents.  C’est pourquoi il est fortement recommandé de vérifier les paramètres sanguins du foie et des reins à l’aide d’une prise de sang avant de commencer une thérapie anti-inflammatoire prolongée.   Idéalement, les anti-inflammatoires sont administrés seulement au besoin et à la plus petite dose efficace pour améliorer le confort de l’animal sans trop d’effets secondaires.

Parfois, si les anti-inflammatoires ne sont pas suffisants ou sont contre-indiqués pour des raisons de santé (ex : insuffisance rénale, animal très âgé, etc.), il est possible que votre vétérinaire prescrive d’autres analgésiques pour soulager la douleur de votre animal.

5) DIÈTE ARTICULAIRE

Les diètes articulaires vétérinaires sont d’excellents ajouts au traitement de l’ostéoarthrose, principalement car elles ont un contenu très élevé en oméga-3 et d’oméga-6 selon un ratio strict permettant de potentialiser leurs effets anti-inflammatoires.   De plus, elles contiennent des minéraux et des antioxydants qui jouent un rôle important dans le traitement de l’OA.  Plusieurs études démontrent de très bonnes réponses aux diètes articulaires (ex : amélioration chez 80% des chiens en 90 jours selon une étude).

Cependant, le contrôle du poids demeure la priorité dans la gestion de la diète chez un animal souffrant d’ostéoarthrose.  Il pourrait donc être un recommandé de faire maigrir votre animal avec une diète restrictive en calorie si il/elle a un surplus de poids avant de commencer la diète articulaire.  Votre vétérinaire pourra vous conseiller sur les diètes articulaires disponibles.

 

6) CARTROPHEN INJECTABLE

Le cartophen est constitué de pentosans polysulfatés et a des effets similaires et complémentaires à la glucosamine mais ses modes d’action sont différents.  Tout comme la glucosamine et la chondroitine,, le cartrophen ralentit le vieillissement articulaire en aidant à renforcir les cartilages et en augmentant la qualité du liquide articulaire et a aussi des effets anti-inflammatoires. Ce produit constitue un ajout dans l’approche multimodale du traitement l’ostéoarthrose, surtout lorsque la sévérité des signes cliniques augmentent.  Le cartrophen s’administre par injection sous-cutanée (sous la peau) une fois par semaine pendant 4 semaines, puis aux 1-3 mois selon la réponse clinique.

 

7) LASER THÉRAPEUTIQUE

Le laser thérapeutique est utilisé pour nos patients souffrant d’ostéoarthrose modérée à sévère.  Pour en savoir davantage sur cet outil thérapeutique, veuillez vous référer à notre fiche sur ce sujet

8) PHYSIOTHÉRAPIE

La physiothérapie est souvent un élément-clé dans la prévention et le traitement de l’ostéoarthrose en général, mais aussi particulièrement après une chirurgie orthopédique.  Elle permet d’augmenter la fonction et la mobilité de l’articulation et, par le fait même, d’améliorer le confort du patient.  Plusieurs outils, tels que l’électrostimulation, les ultrasons et le tapis roulant aquatique, sont maintenant disponibles en physiothérapie animale.  Il est aussi possible de créer un protocole de physiothérapie avec l’aide d’un spécialiste pour un animal souffrant d’ostéoarthose (ex : mobilisations, sacs magiques, etc.)  La physiothérapie animale est maintenant disponible à quelques endroits au Québec, dont le centre DMV (http://www.centredmv.com/specialite_fiche.aspx?id=208).

9) AUTRES

D’autres modalités existent pour le traitement de l’ostéoarthrose.  Les médecines alternatives, telles l’acupuncture et l’ostéopathie, rencontrent souvent de bons résultats et aident à diminuer l’utilisation d’anti-inflammatoires et autres médicaments.